Connecter à son enfant intérieur
Je vais toujours me rappeler ce moment où j'ai participé à une retraite de Gabor Maté. Lorsque je lui ai parlé de ce qui émergeait pour moi, il m'a dit: ''There is an anxious child inside of you''. Il y a un enfant anxieux à l'intérieur de toi.
C'était en 2016. Sur le coup, je n'avais aucune idée comment m'y prendre pour interagir avec cet enfant à l'intérieur de moi, ni comment en prendre soin. Je pense que j'avais même du mal à l'identifier, à la ressentir clairement. Savoir en quoi cette part était spécifique, précise. Elle se fondait généralement dans mes sentiments, mes hauts et mes bas.
C'est plus récemment que j'ai commencé à vraiment y porter attention. Ma pratique c'est de m'asseoir et d'aller ressentir cette anxiété. Ressentir les sensations qui sont là. Souvent, je me mettais simplement à pleurer pour quelques minutes. Comme si quelque chose d'enfoui cherchait à se libérer.
Évidemment, ce n'est pas une pratique agréable, mais j'ai commencé à ressentir les effets bénéfiques de libérer cette émotion qui était là à l'intérieur de moi. Comme si doucement elle avait moins d'emprise, moins d'intensité.
Un endroit dans ma vie où cette anxiété avait tendance à émerger c'est lorsque j'ai l'impression qu'il y a une déconnexion avec les gens qui sont autour de moi. Ça émergeait surtout avec James.
Une peur panique me prenait parfois si on était silencieux en marchant. La voix à l'intérieur disait : ''omg, est-ce qu'on est correct? est-ce que tout va bien?''.
Et évidemment tout va bien.
De plus en plus, j'arrive à être en relation à cette part de moi. Elle ne prend plus toute la place, elle ne m'envahit plus de ma même manière qu'avant.
Ce que je ressens c'est ma capacité à la rassurer, lui dire que tout est correct, qu'elle n'a pas à s'en faire. Puis ça me permet de continuer de profiter de la vie, d'apprécier le moment. Ça me permet d'avoir l'expérience de juste avoir du plaisir sans me préoccuper de savoir si tout est correct. Je peux juste vivre pleinement.
Mon expérience c'est que ces parts de soi émergent pour être guéries. Pour qu'on y connecte. Dans ces moments-là, je prends le rôle du parent de cet enfant intérieur. J'en prend la responsabilité.
Même si le comportement est difficile ou désagréable, l'invitation c'est d'y poser mon attention. De voir de quoi cette part a besoin et lui offrir la connexion dont elle a besoin, puis l'espace de ressentir les émotions qui sont là.